Les funérailles Toraja, Rantepao, Sulawesi, Indonésie

Les funérailles Toraja, Rantepao, Sulawesi, Indonésie

Les cérémonies de funérailles au Toraja durent plusieurs jours et sont l’occasion de fêtes exceptionnelles et hautes en couleur. Leur faste dépend du rang social et de la richesse du défunt. La famille qui nous accueillait est celle d’un paysan aisé. La fête a duré 4 jours, 10 huttes ont été construites en arène pour accueillir les 400 invités. 5 buffles et 15 cochons ont été sacrifiés pour « aider l’âme du défunt à quitter la terre » et, plus concrètement, pour nourrir les invités.

Le temps de réunir les membres de la famille et l’argent nécessaire à une telle fête, le défunt (décédé 9 mois plus tôt) est embaumé et conservé dans un sarcophage dans la maison familiale. Jusque la date de ses funérailles le défunt est simplement malade ou « absent ».

Le premier jour (auquel nous n’avons pas assisté) était consacré à l’accueil des membres de la famille. Vu le manque de travail dans la région, les membres d’une famille Toraja sont souvent dispersés dans toute l’Asie du sud-est. Dans cette famille, le petit fils travaillait en Malaisie et la petite fille à Singapour.

Le second jour, les amis et connaissances présentent leurs « condoléances » à la famille en apportant un présent (cochons, poulets, Tuak, riz,…). Un maître des cérémonies tient la comptabilité de ce que chacun offre. J’avais apporté plusieurs kilos de sucre, des bonbons et des cigarettes.

Après avoir présenté mes condoléances à la veuve, nous nous sommes installés dans la loge réservée à la famille proche (frères, soeurs, oncles et tantes). Je ne sais toujours pas quel est de degré de parenté d’Ady avec la veuve: était-il très proche ou ai-je bénéficié d’un régime de faveur? Ca restera un mystère. Une chose est sûre, c’est que les Toraja constituent une grande famille et que tous sont invités aux funérailles à condition d’apporter un cadeau.

Toute la journée, des villages entiers défilent en habit traditionnel et colorés devant un petit fils et une petite fille qui représentent la famille pour cette partie de la cérémonie. Les femmes défilent en premier, suivies par les hommes et chaque groupe s’installe dans une petite tribune couverte devant la loge familiale.

La famille leur offre un café épais et très sucré et, des bonbons pour les femmes, des cigarettes pour les hommes (Nos cadeaux n’ont pas été inutiles). Une fois la dégustation terminée, les invités se regroupent dans les stands qui leurs sont destinés.

En cours d’après-midi, nous assistons au sacrifice rituel d’un buffle.
Malgré le caractère macabre de ce sacrifice, c’est toujours l’occasion d’un joyeux tumulte. Les jeunes se précipitent dans l’arène pour immobiliser le buffle, les plus vieux hurlent de rire en les voyant se débattre avec l’animal, trébucher et glisser dans le sang des précédents sacrifices.

La bête est aussitôt débitée et emportée à la « cuisine » pour la préparation du Papiong. Les morceaux de viande sont mélangés à des légumes et des épices et sont enfoncés dans un tube de bambou de +/- 15cm de diamètre. Les tubes sont posés près d’un feu pendant les 4 heures de cuisson.

En fin d’après-midi, le repas est servi, arrosé de Tuak. Le Tuak est de la sève de palmier-dattier , récoltée dans un tube de bambou et laissée fermenter 1 à 4 jours. La boisson, qui a un petit goût de yaourt suret, se laisse boire très facilement mais est traître. Attention aux excès, surtout que les hôtes font tout pour vous saouler.

Après le repas, les danses et les chants commencent pour se terminer tard dans la nuit.

Le troisième jour est identique au deuxième.

Le quatrième jour, le sarcophage est descendu de la maison funéraire et installé dans un tangkonan (maison) funéraire miniature et portable. Tous les invités partent alors en cortège jusqu’au lieu d’inhumation.

Les tombes sont de différents types: Le cercueil géant en bois pouvant contenir tout une famille et déposé dans une grotte.

Le caveau individuel creusé dans la roche et gardé par l’effigie du défunt.

Le caveau construit en béton et toujours gardé par des effigies. C’est ce que préfèrent les Toraja chrétien. Dommage pour l’esthétisme.

Le tronc d’un arbre pour les enfants non encore sevrés. La croissance de l’arbre permettant la croissance du bébé.

Nos hôtes étant animistes, l’inhumation a eu lieu dans un caveau creusé dans un rocher pour lequel il a fallu 6 mois de travail.
On voit, au dessus du caveau, le Tangkonan « portable » et, a l’entrée, des biens ayant appartenu au défunt.

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